Le corps humain :
une machine thermique comme une autre
La chaudière que la grande majorité d’entre nous possède dans la cave de son immeuble permet de nous garantir un climat agréable dans notre appartement tout au long de l’année. Cet engin est l’exemple typique d’une machine thermique dont le fonctionnement est bien connu des ingénieurs thermiciens.
| | Par Christian TRACHSEL, délégué à l’énergie |
A y regarder de plus près, on constate que le corps humain fonctionne exactement selon les mêmes principes physiques qu’une chaudière. Il consomme de la nourriture en guise de carburant, qu’il transforme en énergie lors de la digestion, pour finalement rejeter des déchets, en particulier par sa respiration sous la forme de CO2. L’analogie avec la chaudière est quasi parfaite.
Dans notre région, le chauffage d’un appartement moyen peut être assuré par une chaudière d’une puissance de l’ordre de 7 kilowatts (kW). Sa consommation annuelle se montera à l’équivalent de 1500 litres de mazout, ce qui correspond à 15’000 kilowattheures (kWh) par année. Si cette énergie est fournie par un agent énergétique fossile comme le mazout ou le gaz naturel, la cheminée de l’installation relâchera annuellement dans l’atmosphère un peu plus de 3 tonnes de CO2 , soit environ 230 grammes pour chaque kWh consommé.
Aliments = combustibles
Venons-en au corps humain. Les milieux professionnels de la médecine et de la physiologie recommandent une nutrition adaptée, en particulier au niveau d’un apport journalier énergétique: le tarif est compris, en fonction de la morphologie de l’individu et de son activité physique, entre 2000 et 3000 kilocalorie (kcal) par jour. Exprimée en kWh, la portion alimentaire journalière recommandée est d’environ 3 kWh. En une année, la quantité d’énergie absorbée sous forme de nourriture se monte donc à près de 1100 kWh pour une personne.
C’est que les aliments sont de vrais combustibles énergétiques. La tabelle de correspondance est très bien connue: chaque gramme de glucide ou de protide contient l’équivalent de 4 à 5 kcal, alors que un gramme de lipide en délivre 10.
On en déduit que l’être humain a besoin, pour fonctionner, d’une puissance moyenne de l’ordre de 125 watts en continu. Tout ceci pour assurer l’activité métabolique (digérer la nourriture, maintenir la température interne du corps à 37°C) et bien évidemment à produire un travail physique tel que marcher, tirer ou soulever des objets.
Rendements identiques
Les physiologistes, médecins spécialistes du corps humain, sont capables de quantifier la production de CO2 contenue dans la respiration. Pour une activité «normale», un individu produira un peu plus de 700 grammes de ce gaz en un jour, ce qui représente environ 260 kg par année! En fonction de la quantité d’énergie ingurgitée journellement, on en déduit que la machine humaine émet très exactement 240 grammes de CO2 par kWh consommé. C’est exactement le même rendement que la bonne vielle chaudière qui ronronne à la cave. Le corps humain est réellement une machine thermique comme une autre!