Un sacré numéro de cirque !
Chaque année, son anniversaire coïncide avec la venue du cirque Knie à Delémont. Le clin d’oeil du destin ou… des éléphants. Ce qui est sûr, c’est que Baptiste Clerc a toujours eu beaucoup de plaisir à assister, enfant, aux représentations du cirque national suisse. Mais à l’époque, il ne savait pas, qu’un jour, c’est lui qui entrerait en piste, après s’être jeté à l’eau…
Baptiste Clerc raconte sa découverte du monde du cirque : « Le sport que je pratiquais à l’époque, c’était la natation. Après de nombreuses années, j’ai rejoint l’élite du Jura. Nous avions des entraînements quatre fois par semaine et des compétitions quasiment tous les week-ends. Puis un jour, à l’école, nous avons reçu les inscriptions pour le Passeport vacances. En consultant les activités proposées, il y en a une, en particulier, qui a retenu mon attention: le trampoline. J’imaginais que cela se déroulerait dans une halle de gym à Delémont, mais en lisant les détails de ces cours, je me suis aperçu que c’était sous un chapiteau à Delémont… Surprise, je n’en avais jamais entendu parler! La discipline m’a vraiment plu; puis, à l’invitation du directeur Martial Chételat, j’ai découvert parallèlement l’acrobatie. »
L’air plutôt que l’eau
En fin de 6e année primaire, le cœur de Baptiste balance entre la natation et le cirque. Il vise la structure Sports-arts-études (SAE), il a largement le niveau sportif dans les deux disciplines. Mais il faut choisir, c’est l’un ou l’autre. Il n’est guère raisonnable de pratiquer les deux sports en parallèle à un rythme intensif.
« C’était un grand dilemme pour moi, mais après mûre réflexion, j’ai choisi le cirque! Lorsque que j’ai annoncé ma décision à mon père, il ne m’a pas trop pris au sérieux. Il pensait sans doute que le cirque était moins gratifiant que la natation, mais il s’y est fait, et s’est beaucoup intéressé et investi pour cette école de cirque. »
La décision a forcément déplu aux entraîneurs du sport aquatique et après quelques péripéties et le retrait de sa licence, Baptiste a abandonné les bassins.
Le monde circassien a ensuite occupé l’essentiel du temps du jeune homme, à côté des horaires scolaires: 17 heures de cours par semaine, quasi autant que les danseuses. Le programme – intensif – comportait des cours de préparation physique, de renforcement musculaire, d’acrobatie, d’équilibre, de théâtre, de clownerie et de danse.
Travail de nuit
A la fin de sa 8e année scolaire, l’écolier de Vicques abandonne la structure SAE, « parce que mes résultats scolaires étaient plus que médiocres et je pensais plus judicieux de m’investir davantage dans mes études afin de trouver une place d’apprentissage. D’autant plus que le cirque est un métier dangereux, qui met le corps à rude épreuve. C’est pour cette raison que, même si l’on est très doué, les écoles professionnelles de cirque demandent un diplôme préalable, d’une école supérieure ou un CFC. J’ai donc entamé un apprentissage de boulanger-pâtissier… parce que le métier me permettait de travailler la nuit et de m’entraîner le jour! C’était difficile, mais cela a renforcé mon désir de devenir artiste de cirque. »
En été 2010, son certificat fédéral de capacité en poche, Baptiste a été engagé à 50% par son formateur Eric Aubry. Les entraînements ont continué jusqu’en janvier 2011, lorsqu’il est allé à Paris se présenter aux auditions de l’École nationale de cirque de Montréal. La prestigieuse école québécoise organise des auditions dans quatre villes : Montréal, Toronto, Vancouver et Paris, où plus de 500 candidats se pressent pour un total de 30 places disponibles…
Deux mois d’attente, presque fébrile, jusqu’à ce début d’avril dernier, quand la bonne nouvelle est arrivée par courrier.
Rumeur du monde
« L’Ecole nationale de cirque de Montréal se trouve à Montréal, dans une cité nommée « TOHU », une appellation inspirée du vocable tohu-bohu, un tumulte qui évoque le bouillonnement des idées, l’agitation et l’effervescence qui animent son lieu, ses gens et ses projets. Cette cité a été créée en 1999 par le Cirque du Soleil et d’autres associations. Elle a pour but de concentrer les idées et les artistes pour assurer le rayonnement des arts du cirque, ici à Montréal, comme à l’étranger. Elle est la seule école de formation supérieure en arts du cirque d’Amérique du Nord, elle a d’ailleurs formé les principaux acteurs du cirque à travers le monde. Elle est aussi un établissement d’enseignement secondaire et « collégial » (secondaire II) qui a pour mission première de former des artistes de cirque. Le programme terminal - de trois ans – mène directement à la pratique professionnelle. L’école nationale de cirque assure également la formation d’instructeurs et de formateurs », souligne Baptiste.
Début août, le jeune homme s’est envolé pour le Québec, après avoir décroché la 7e Bourse pour le perfectionnement professionnel de la FARB.
A bientôt, sous les feux de la rampe!