La toile et le papier
Marianne Gigon et Francine Calame exposeront, du 5 au 20 novembre, leurs toiles et sculptures de papier au Centre culturel de Rossemaison. Deux artistes très différentes mais qui se rejoignent pourtant, lorsque l’une découpe la vie en carrés et que l’autre la tord dans tous les sens…
Depuis quelques années à présent, Marianne Gigon roule sa bosse dans les milieux artistiques de la région. D’expo en expo, sa notoriété ne cesse de grandir, sa personnalité sur toile s’affirme toujours davantage. Elle prend corps. Et elle y prend goût.
Elle ne se contente pas de l’acrylique. Pour naître, ses tableaux recherchent de nouvelles amplitudes dans les matériaux les plus divers. Du fer, du jute, des éclats de verre, n’importe quelle matière pourra lui donner du grain à moudre, pour peu qu’elle parvienne à retranscrire ses émotions de l’instant. Des sentiments souvent géométriques cependant, puisqu’elle affectionne tout particulièrement le carré ou le rectangle, qu’elle parvient souvent à transcender pour que de ces multiples quadrilatères, grands ou petits, qui reviennent tels des mantras s’enchevêtrant parfois les uns aux autres, se dégage finalement dans l’ensemble une forme tout autre, laissant surtout planer l’imaginaire. Car Marianne Gigon a fait de l’abstraction son principal sujet d’expression, préférant jeter sur sa toile les formes et les couleurs qui témoigneront de son humanité, sombres parfois, plus volontiers chatoyantes.
Occupations prenantes
La peinture, pour Marianne Gigon, c’est un peu le violon d’Ingres. Une passion parmi bien d’autres, qui prend toutefois, on le constate dans un travail aujourd’hui bientôt abouti, une dimension plus importante que celle d’un passe-temps, fût-il favori. Marianne Gigon ne tient pas en place. Elle virevolte entre ses multiples activités, et l’on se demande parfois où elle va chercher toute l’énergie qui l’habite. Elle ne vit pas, pas encore, pas encore totalement, de sa peinture et pour croûter, si j’ose dire, elle surcharge volontiers un agenda déjà bien épais. Car en marge des occupations prenantes de ses différents métiers, elle trouve encore le temps de parfois s’essayer à la comédie, à l’occasion de la soirée des Sports réunis, de la Revue delémontaine et d’autre encore. Mais plus sûrement encore, ses pas l’entraînent dans les couloirs des hôpitaux, où elle prodigue un accompagnement apaisant aux mourants. Un sacerdoce décalé, si l’on s’en tient à la jovialité qu’elle affiche en permanence, dont on décèlera mieux la mesure en observant attentivement sa peinture. Le support, le lieu à l’heure où elle tient ses pinceaux, peut-être, d’exprimer réellement ses sentiments, lorsque l’on peut déposer enfin sa panoplie professionnelle…
Francine Calame : la transformation des matières
Francine Calame, une artiste au bénéfice d’une solide formation technique, artisanale et artistique, nous entraîne sur les chemins de la transformation des matières : les fibres naturelles se font papier, couleurs... ; les bois flottés se font lignes, courbes, points... ; les morceaux de corps se font volumes, espaces... Le jeu des matières et des couleurs nous conduit dans des pays nouveaux faits de surprises, d’émotions et de justesse.
Francine Calame, au fur à mesure de son évolution artistique a su donner de la profondeur, de l’intériorité, de la force à une oeuvre faite de légèreté, de transparence, de fragilité... Comme le tendre brin d’herbe qui attire le soleil, transperce le macadam. Une oeuvre nourrie par le cycle éternel du renouvellement; une recherche basée sur le vécu; une démarche traversée d’originalité, d’authenticité et de surprises. Bref, un parcours artistique fondé sur la continuité dans l’évolution créative et l’ouverture.
Marianne Gigon et Francine Calame au Centre culturel de Rossemaison, du 5 au 20 novembre 2011; vernissage le 5 novembre, dès 17h